La salle et son histoire

La Ferme de Bel-Ébat – Théâtre de Guyancourt est une salle de spectacle aménagée dans un ancien corps de ferme monumental. Théâtre de proximité, il propose une programmation riche et variée pour tous les âges. Toutes les disciplines du spectacle vivant y sont représentées. Elle programme chaque saison entre 40 et 50 spectacles, organise entre 110 et 140 représentations.

Cet équipement culturel municipal de taille humaine favorise les rencontres entre artistes et spectateurs dans un esprit de découverte et d’échanges.

Au-delà de la nécessité de l’excellence artistique, La Ferme de Bel-Ébat fonde sa programmation sur l’exigence de la parole des artistes, qui doit faire du théâtre un outil de compréhension du monde, un espace où les individus se construisent dans l’émergence du collectif et où l’intelligence se développe à travers le plaisir, un levier démocratique, parfois un refuge pour la résistance. Un repaire et un repère.

Concrètement, le projet de La Ferme de Bel-Ébat s’articule autour de 4 axes principaux :
– Le soutien à la création et aux écritures contemporaines, avec un regard attentif vis-à-vis des artistes émergents, avec un regard attentif vis-à-vis des artistes émergents
– La programmation pour le jeune public
– Une action culturelle volontariste et innovante
– L’égalité entre les femmes et les hommes dans la culture, tant sur le plan de l’écriture que de la réalisation

Dans sa volonté de contribuer à l’éveil artistique des plus jeunes, la Ville offre tous les ans une place aux élèves des écoles maternelles et élémentaires de Guyancourt pour des représentations sur le temps scolaire.


Son histoire

Guyancourt a longtemps été un village organisé autour de ses fermes. Celle de Bel Ébat est située au cœur du village. Elle porte un nom étonnant, bien qu’assez commun à l’époque en Ile-de-France. « Ébat » se rapproche du verbe « esbatre » qui signifiait battre, comme battre les grains. C’est par l’un de ses propriétaires qu’elle obtient ce nom : dénommé Jean Traqueau, sieur de Bellebat en Poitou, acquiert la ferme au XVIe siècle.

Au XVIIe siècle, le roi Louis XIV achète les terres de Bel Ébat et d’autres fermes de Guyancourt pour les intégrer au grand parc du château de Versailles, qui est sa réserve de chasse. Au siècle suivant, la petite ferme de Blémy est réunie avec sa voisine Bel Ébat ; la dernière trace de sa présence réside dans le nom de la rue qui quitte aujourd’hui la place de Bel Ébat en direction de la rue de la Noël.

A la Révolution Française de 1789, les possessions royales sont confisquées. Elles sont rachetées progressivement par de riches familles qui deviennent les notables du village. La Ferme de Bel Ébat appartient d’abord à la famille Dégéneté, dont Jean-Baptiste-Charles, qui est élu maire de Guyancourt de 1838 à 1848 et en 1852. Elle est ensuite acquise par la famille Besnard : Eugène prend la direction de Bel Ébat, tandis que son frère Paul s’occupe de la ferme de Châteauneuf. Comme leur père Henri, ce sont des agriculteurs d’exception, pionniers de l’agriculture industrielle. Eugène Besnard devient également maire de Guyancourt de 1919 à 1925. Son fils, puis sa petite-fille lui succèdent à la tête de l’exploitation. Les terres s’étendent alors jusqu’à l’actuel Technocentre Renault. Les habitants peuvent acheter du lait et des produits laitiers directement à la ferme jusqu’en 1969.

L’activité agricole de Bel Ébat cesse en 1991. La dernière propriétaire, Jacqueline Besnard, fait don de son matériel agricole au Musée de la Ville de Saint-Quentin-en-Yvelines. C’est ainsi qu’est conservé un travail à bœuf, visible aujourd’hui derrière la ferme, en contournant le bâtiment par la gauche. Restauré en 2012 conjointement par la Ville de Guyancourt et le Musée, c’est le seul exemple connu sur le territoire de Saint-Quentin-en-Yvelines. Pourtant autrefois, chaque hameau avait le sien. Cet appareil permettait de soulever et de contenir les bovins lors du ferrage ou du râpage de leurs sabots.

Après l’arrêt de l’activité, la ferme et ses dépendances sont englobées dans le projet de réhabilitation du centre-ville, mené par l’architecte Edmond Bonnefoy. Sont conservées et restaurées la maison de maître ainsi que la grange du XIXe siècle, avec son manège si reconnaissable qui servait à stocker le foin. Depuis 2000, le bâtiment abrite le théâtre municipal, lieu de création et de diffusion du spectacle vivant.